la belle équipe des 5 du Vin en séminaire à Bourgueil...Je pourrais vous parler de ces vignerons de Latour de France qui, comme beaucoup d'autres, mettent en commun leur matériel, du labour à la mise en bouteilles. Vous vanter les mérites de cette petite cave coopérative que tout le monde connaît et envie pour sa cuvée « Pompadour » ou son « Copain comme cochon », à Embres-et-Castelmaure, dans les Corbières. Ou encore de cette autre coopérative lilliputienne, à Estézargues, dans le Gard, tout proche d'Avignon, qui fait des merveilles de bons rapport qualité-prix. Je pourrais frimer en énumérant les noms d'autres belles coopératives : Rasteau dans le Vaucluse, Marennon dans le Luberon, Saint-Mont dans le Gers, Montpeyroux dans l'Hérault, Mailly en Champagne... et une bonne douzaine d'autres toutes aussi méritantes.
Je voudrais plus simplement vous dire - ou tenter de vous faire comprendre - combien j'admire l'œuvre collective, celle qui est le quotidien d'un simple domaine viticole. Souligner le courage, la dignité, la confiance, l'amour, l'acharnement nécessaires à la conduite d'une vigne grande ou petite, humble Mas ou Château cossu. Je souhaiterais rappeler que ces vins que nous jugeons parfois avec tant de dureté tout en nous rehaussant le col, avec sévérité aussi, avec empressement, rappeler que ces crus grands ou moins grands sont le fruit d'un travail collectif pas si évident que ça. Qu'il y a derrière des couples qui s'engueulent et se réconcilient, des enfants qui subissent beaucoup mais finissent fiers de voir leurs parents récompensés comme à l'école par une médaille, un prix, un trophée. Que derrière cette façade que l'on a tendance à idéaliser un peu trop, il y a le travail d'une équipe, la fidélité d'hommes et de femmes qui se retrouvent frigorifiés l'hiver dans les vignes unis dans un même effort pour tailler, relever, écimer. Qu'il y a des groupes d'ouvriers, donc des collectifs, qui souvent ne comptent pas leurs peines à la cave ou sur le terrain, de ces vignerons qui doivent se débarrasser de leurs vieux pulls pour mieux se déguiser en représentants de commerce et parcourir des centaines de kilomètres afin de présenter leurs vins sous un bon jour, à la bonne température, dans l'espoir de vendre au moins un carton et qui, trop souvent encore, se font rabrouer par un caviste levé du pied gauche ou un journaliste qui, pour tenir son rang de « critique », prend un plaisir vicieux à démolir. Impôts, douanes, syndicat de défense, tampons, timbres, bouteilles qui cassent, étiquettes mal posées, machines qui grippent, cartons qui ferment mal... la vie de vigneron n'est qu'une litanie d'emmerdements.
Et voilà qu'il exagère le Smith ? Comme toujours. Pensez-vous ! J'en oublie les trois quarts. Sans parler des assemblages et des séances d'embouteillages, il faut penser à ce type qui laboure son champ tandis que sa compagne noircit les formulaires administratifs et qu'elle se bat pour que les commandes partent malgré le refus du transporteur de rentrer dans le chemin pourtant carrossable qui conduit à la cave pour se rendre compte combien le travail vigneron est collectif. Songer à ce couple de vignerons qui se voit contraint la rage au ventre de refuser ses cuves alors qu'elles arrivent pleines de défauts au moment où il en a le plus besoin. J'ai entendu dire que faire du vin est un travail solitaire. Moi, ça me fait rire car je sais pertinemment que c'est une mission collective. Vous en connaissez beaucoup vous des boulots où l'on trime du matin au soir dans le seul but de donner du plaisir aux papilles des gens ?
Michel Smith

nathaliemerceron, Posté le vendredi 25 janvier 2013 03:09
Complètement, la plupart du temps, le vin est affaire de famille vigneronne, parfois de longue date, parfois moins, mais forcément un travail à plusieurs, où celui qui travaille la vigne le fait pour que celui qui est en cave puisse faire aussi son travail. Rien qu'en cela, le métier de vigneron ne saurait être affaire de solitaire et est forcément coopératif... Ne jamais oublier l'humain derrière le vin.