Le droit de bouchon, c'est le droit d'aimer !
C'est sûr que, vu que je ne vais pas me donner la peine de remplir mon contrat, l'ami Patrick Böttcher, honorable président de cette formidable session des VdV, 47 eme du nom, risque de faire un peu la gueule. Pas grave, je me ferai pardonner le jour où il passera m'aider à vider ma cave ! Ce n'est pas faute d'avoir – timidement - essayé, mais j'ai franchement la trouille d'aller voir mes cuisiniers favoris pour une vague affaire pinardière fut elle sur

C'est sûr que, vu que je ne vais pas me donner la peine de remplir mon contrat, l'ami Patrick Böttcher, honorable président de cette formidable session des VdV, 47 eme du nom, risque de faire un peu la gueule. Pas grave, je me ferai pardonner le jour où il passera m'aider à vider ma cave ! Ce n'est pas faute d'avoir – timidement - essayé, mais j'ai franchement la trouille d'aller voir mes cuisiniers favoris pour une vague affaire pinardière fut elle sur Sur Fesse Bouk. Du coup, en bon courageux que je suis, je me suis mis à la place de l'un d'eux, en prétextant savoir sur quel vin il aurait aimé danser. Et même si je ne suis pas allé bien loin dans mon "name dropping" de vins, même si j'ai omis un ou deux grands millésimes bordelais, du coup je me suis bien marré.

Michel Portos et Richard Bernard, vous connaissez ?
Ces deux là sont copains comme cochons. L'un est chef cuisinier doublement étoilé. Deux macarons au Saint James, à Bouliac, près de Bordeaux. Après avoir enchanté Perpignan du son de ses casseroles, il s'apprêterait à quitter la Garonne et la belle vue qu'il a sur les Landes pour rejoindre sa ville natale, Marseille. L'autre est sommelier. Un sommelier de c½ur, comme je les aime, déjà complice de Michel lorsque celui-ci officiait dans les cuisines des Troigros. Quarante mille couverts par an, ça vous forge un gars ! Né à Montferrand, quartier de Clermont, Richard est un instinctif qui avoue une passion pour les vins de Madère et qui déteste la routine.
Grâce à ce tandem, j'ai pu faire des repas mémoriaux avec des plats à la fois audacieux et spectaculaires, mais toujours justes au point que les épices omniprésentes n'ont jamais pu (ou su) jouer les troubles fêtes sur les vins servis par Richard. Ne comptez pas sur moi pour vous décrire par le menu ce que nous mangeons car a) ce n'est pas mon boulot ; b) ces choses-là sont indescriptibles ! Quant au sommelier, il est à ce point respectueux du client qu'il est capable, si on le lui demande, d'improviser une suite de verres à l'aveugle tout en clouant son bec afin de ne pas influencer le piètre buveur que je suis.
J'aime la complicité qu'ont ces deux personnages et je ne vous cache pas que mon rêve eut été de dîner aux chandelles un soir d'été sous les tilleuls du Saint-James en compagnie de la plus délicieuse de mes amies, Sandrine. Elle qui aime passionnément Bordeaux, elle qui adule les vins, aurait certainement succombé aux charmes de cette table. Qui sait, nous aurions pu profiter de cette idée géniale qui consiste – le mercredi seulement – de se voir offrir le droit de bouchon et d'amener les vins que l'on a en cave. En échange, comme si ce n'était pas assez, Richard et Michel se chargent de composer le menu idéal qui fonctionne, selon eux, avec vos vins.
Pour Sandrine, avec qui j'avais l'impression de me balader sur la plage ventée des Sables-d'Olonne, l'autre jour, j'aurai sorti le grand jeu ! Dans le désordre, un Jerez fino La Ina (ex Domecq repris par Lustau) à placer en apéro, un Jerez style Olorosso East India Solera Emilo Lustau à servir sur le fromage, en souvenir d'une mémorable et ultime dégustation lors de Vinexpo, grâce à l'ami Christopher Cannan. Puis un Anjou « Les Gâts » 2007 de Patrick Baudouin blanc sec de schiste que je verrais bien sur une entrée, et (ou) un Bourgueil 2010 « Grand Mont » du Domaine de La Chevalerie. S'il restait en stock un grand Champagne millésime 1996, j'aurais pu me l'offrir afin de sceller notre belle complicité.
Voilà comment je vois la table de mon grand chef du moment et de son sommelier de c½ur : de grands instants de complicité jusque sur la nappe blanche au dessus de laquelle flottent les regards pour se croiser et se figer à jamais.
Ces deux là sont copains comme cochons. L'un est chef cuisinier doublement étoilé. Deux macarons au Saint James, à Bouliac, près de Bordeaux. Après avoir enchanté Perpignan du son de ses casseroles, il s'apprêterait à quitter la Garonne et la belle vue qu'il a sur les Landes pour rejoindre sa ville natale, Marseille. L'autre est sommelier. Un sommelier de c½ur, comme je les aime, déjà complice de Michel lorsque celui-ci officiait dans les cuisines des Troigros. Quarante mille couverts par an, ça vous forge un gars ! Né à Montferrand, quartier de Clermont, Richard est un instinctif qui avoue une passion pour les vins de Madère et qui déteste la routine.
Grâce à ce tandem, j'ai pu faire des repas mémoriaux avec des plats à la fois audacieux et spectaculaires, mais toujours justes au point que les épices omniprésentes n'ont jamais pu (ou su) jouer les troubles fêtes sur les vins servis par Richard. Ne comptez pas sur moi pour vous décrire par le menu ce que nous mangeons car a) ce n'est pas mon boulot ; b) ces choses-là sont indescriptibles ! Quant au sommelier, il est à ce point respectueux du client qu'il est capable, si on le lui demande, d'improviser une suite de verres à l'aveugle tout en clouant son bec afin de ne pas influencer le piètre buveur que je suis.
J'aime la complicité qu'ont ces deux personnages et je ne vous cache pas que mon rêve eut été de dîner aux chandelles un soir d'été sous les tilleuls du Saint-James en compagnie de la plus délicieuse de mes amies, Sandrine. Elle qui aime passionnément Bordeaux, elle qui adule les vins, aurait certainement succombé aux charmes de cette table. Qui sait, nous aurions pu profiter de cette idée géniale qui consiste – le mercredi seulement – de se voir offrir le droit de bouchon et d'amener les vins que l'on a en cave. En échange, comme si ce n'était pas assez, Richard et Michel se chargent de composer le menu idéal qui fonctionne, selon eux, avec vos vins.
Pour Sandrine, avec qui j'avais l'impression de me balader sur la plage ventée des Sables-d'Olonne, l'autre jour, j'aurai sorti le grand jeu ! Dans le désordre, un Jerez fino La Ina (ex Domecq repris par Lustau) à placer en apéro, un Jerez style Olorosso East India Solera Emilo Lustau à servir sur le fromage, en souvenir d'une mémorable et ultime dégustation lors de Vinexpo, grâce à l'ami Christopher Cannan. Puis un Anjou « Les Gâts » 2007 de Patrick Baudouin blanc sec de schiste que je verrais bien sur une entrée, et (ou) un Bourgueil 2010 « Grand Mont » du Domaine de La Chevalerie. S'il restait en stock un grand Champagne millésime 1996, j'aurais pu me l'offrir afin de sceller notre belle complicité.
Voilà comment je vois la table de mon grand chef du moment et de son sommelier de c½ur : de grands instants de complicité jusque sur la nappe blanche au dessus de laquelle flottent les regards pour se croiser et se figer à jamais.Michel Smith
